Axe Épistémologie des Sciences du Langage

Responsable : Béatrice Godart-Wendling

S’inscrivant dans la continuité de la réflexion épistémologique dont ont fait montre certaines approches linguistiques (comme le structuralisme ou le générativisme), l’objectif poursuivi dans cet axe est d’analyser les concepts, modes de raisonnement et
hypothèses qui structurent les théories du langage contemporaines. L’angle d’analyse que nous privilégions, est l’étude des concepts car, en cristallisant les problématiques
qu’ils rendent accessibles, leur examen offre la possibilité de rendre manifeste les hypothèses sous-jacentes et les types de raisonnement autorisés par la théorie qui les met en œuvre. Autrement dit, les concepts – parce qu’ils contraignent les propositions qui peuvent être construites par la théorie – donnent accès au programme de recherche effectif, et non pas déclaré, de la théorie (Milner 1989), et leur analyse offre donc une voie d’accès privilégiée pour évaluer le pouvoir explicatif et les limitations du cadre théorique qui les emploie.

Trois types de programme sont développés dans cet axe, afin de refléter que : – tous les « concepts » n’ont pas forcément atteint le même degré de théorisation ; qu’un même concept peut recouvrir des réalités différentes ; et que les problématiques qui leur sont afférentes sont très variées.

Axe 1 Le cas des pré-concepts

Nous avons choisi de travailler sur l’implicite, car il représente un exemple typique de pré-conceptualisation d’une notion théorique. Ce thème, qui implique la participation des trois pôles du laboratoire, est l’objet pour l’année 2020-2021 du séminaire « Epistémologie des Sciences du Langage ». Il donne également lieu à un projet intitulé « Génération Implicite » financé par UPL (Béatrice Godart-Wendling et Claire Beyssade, porteuses).

Axe 2 Les concepts polysémiques

Les concepts retenus sont ceux de « modèle » et de « fonction » : il s’agit de désambiguïser ces concepts en tenant compte de leurs domaines d’application et du rôle qu’ils y jouent. (participation des pôles « Modélisation » et psycholinguistique notamment en ce qui concerne la falsification des modèles).

Axe 3 Les problématiques inhérentes aux concepts

1) Leur pouvoir explicatif : cette question est abordée par le biais de deux études portant respectivement sur l’évaluation de la portée universelle des concepts fondateurs de la philosophie du langage (implicature, usage, …) et sur l’examen de la pertinence d’un certain nombre de concepts (sociabilité langagière, …) mobilisés dans l’étude empirique des pratiques langagières chez les jeunes enfants. (participation des pôles « Pratiques langagières et « Modélisation »).

2) Les bouleversements théoriques induits par l’évolution des concepts : Focalisée sur le courant des grammaires basées sur l’usage, cette étude examine les concepts (unité de langage, construction, etc.) et dichotomies (diachronie/synchronie, local/global, langue/parole, compétence/performance) remis en cause par cette approche afin de préciser les modifications théoriques qui en résultent. (participation des pôles « Pratiques langagières » et « Modélisation »).

3) L’incidence des concepts dans l’établissement d’une nouvelle discipline : pour cette étude, nous avons pris pour cadre la linguistique du texte, afin d’analyser comment les concepts de « texte », d’« écrit/oral » et de « cohérence/cohésion/pertinence  », peuvent – s’ils sont pensés en corrélation avec la dimension cognitive – permettre de définir les méthodes d’une linguistique textuelle diachronique dont l’objectif est d’étudier la relation entre l’évolution du système linguistique et celle de la textualité. (participation des pôles « Psycholinguistique » et « Pratiques langagières »)

4) Le rôle heuristique des concepts : La confrontation des concepts constitue une stratégie permettant d’obtenir un éclairage nouveau sur une problématique donnée. L’analyse des rapports que la notion de « langue » entretient avec le concept d’« identité » est ainsi un des objets d’étude de ce sous-programme qui donne lieu à une collaboration avec le Labex « Who am I » (ANR-11-LABX-0071) et l’Université de Paris (ANR-18-IDEX-0001) dans le cadre de son programme d’investissements d’avenir (PIA).


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