Calendrier

Télécharger au format iCal
Présuppositions, antiprésuppositions et cohérence discursive, Claire Beyssade (Université Paris 8, SFL UMR 7023)
Vendredi 29 Mai 2020, 14:00 - 16:00
Clics : 450
par Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Présuppositions, antiprésuppositions et cohérence discursive.
 
On partira du contraste entre le défini et l’indéfini, mis en évidence par Heim (1991), illustré par (1).  
(1)        (Le / # Un) père de la victime est entré.
Selon Heim, si l’indéfini y est inapproprié, c’est parce qu’il génère une inférence qui va à l’encontre de la connaissance commune selon laquelle tout être humain a un et un seul père. Hawkins (1991) soutient qu’il s’agit d’une implicature conversationnelle déclenchée par l’indéfini : un N a pour implicature qu’il existe plus d’une entité dans l’univers du discours ayant la propriété N. Ce qui est intéressant en (1), c’est que cette implicature de non-unicité déclenchée par l’indéfini bloque son emploi en (1) et oblige à utiliser le défini ; l’implicature ne conduit pas à enrichir la signification de l’énoncé, comme c’est le cas des implicatures en général, mais elle génère une malformation discursive.
On montrera que ce contraste ne concerne pas la seule opposition entre défini et indéfini. Il s’étend à d’autres déterminants (en particulier aux expressions quantifiées chaque ou tous) et plus largement à toute une série d’expressions présupposantes, dès lors qu’on trouve dans la langue un autre élément qui véhicule le même contenu asserté, mais aucune présupposition. Cela nous conduira à introduire le concept d’antiprésupposition (dû à Percus 2006, et Sauerland 2008), qui est un type particulier d’implicature, à proposer un principe discursif concernant la cohésion discursive, et à réfléchir au rôle de la redondance dans la langue. On verra que la redondance a des effets distincts selon qu’elle porte sur un contenu asserté ou présupposé. La redondance de contenus assertés génère un effet de malformation car elle va à l’encontre des principes d’informativité et d’efficience. En revanche, la redondance au niveau des contenus présupposés crée de la cohésion et peut  contribuer à la cohérence globale du discours.
 
Références : 
Beyssade, Claire, 2017. Sous le sens, Pour une sémantique multidimensionnelle. Presses Universitaires de Vincennes
Hawkins, John A., 1991. On (in)definite articles: implicatures and (un)grammaticality prediction, Journal of Linguistics, 27 (02), 405-442.
Heim, Irene, 1991. Artikel und Definitheit. In Arnim von Stechow & Dieter Wunderlich (eds.), Semantik: Ein internationales Handbuch der zeitgenössischen Forschung, Berlin, de Gruyter, 487-535.
Percus, Orin, 2006. Anti-presuppositions. In Ayumi Ueyama (ed.), Theoretical and Empirical Studies of Reference and Anaphora: Toward the establishment of generative grammar as an empirical science, Report of the Grant-in-Aid for Scientific Research (B), Project No. 15320052, Japan Society for the Promotion of Science, 52-73.
Sauerland, Uli, 2008. Implicated Presuppositions. In Anita Steube (ed.), Sentence and Context. Language, Context & Cognition. Mouton de Gruyter, Berlin, Germany.
 
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies.