Acquisition des langues secondes ou étrangères et du plurilinguisme

 

  1. Membres
  2. Problématique
  3. Actions

 




1. Membres de l’opération

Membres rattachés à titre principal

Colette Noyau (responsable)
Maria Kihlstedt
Catherine Le Cunff

Doctorants
Guilhem Florigny
Jia Tan
Francesca Zirpoli

Membres associés
Jin Nam Choi (Université de Barcelone)
Urszula Paprocka (Université Catholique de Lublin, Pologne)
Gema Sanz Espinar (Université Autonome de Madrid)

Collaborations extérieures
Giuliano Bernini (Université de Bergamo)
Gisèle Chevalier (Université de Moncton)
Karine Duvignau (IUFM de Toulouse)
Ake Viberg (Université d’Uppsala)





2. Problématique

Cette opération, qui regroupe l’ensemble des recherches prévues sur les processus d’acquisition de langues postérieures à l’acquisition primaire du langage, se structure en trois actions, l’une centrée davantage sur les questions théoriques de linguistique de l’acquisition (Acquisition des langues, plurilinguisme, et typologie des langues : approche comparative, coord. C. Noyau), l’autre centrée sur une populations particulière, aux confins entre acquisition primaire du langage et acquisition de langues secondes, portant sur les enfants en acquisition précoce du bilinguisme (coord. M. Kihlstedt), et la dernière sur la construction de connaissances scolaires en L1 ou L2, du point de vue de l’interaction entre développement langagier, travail cognitif, et communautés d’apprentissage (coord. C. Le Cunff).
Les recherches prévues dans cette action s’inscrivent en bonne part dans le prolongement du projet « Représentation des événements : sémantique verbale, temporalité et développement des énoncés complexes » du quadriennal précédent. Il s’agit d’approfondir, sur une variété de situations d’acquisition des langues et du bi/plurilinguisme, les modalités de la conceptualisation (le ‘penser pour parler’, cf. Slobin 1995), en comparant des productions textuelles orales (parfois aussi écrites) pour une même tâche, en L2 entre étapes de l’acquisition, entre locuteurs apprenants de groupes homogènes, entre la L2 et la L1, en L2 pour des locuteurs de différentes L1. Il s’agit ainsi de cerner comment la L1 et les L2 acquises précédemment infléchissent les processus d’acquisition, et comment la L1 ou la langue dominante chez l’individu bilingue infléchit les modes de conceptualisation pour la mise en mots.





3. Actions

1) Acquisition des langues, plurilinguisme, et typologie des langues : approche comparative

Les recherches prévues dans cette action s’inscrivent en bonne part dans le prolongement du projet « Représentation des événements : sémantique verbale, temporalité et développement des énoncés complexes » du quadriennal précédent. Il s’agit d’approfondir, sur une variété de situations d’acquisition des langues et du bi/plurilinguisme, les modalités de la conceptualisation (le ‘penser pour parler’, cf. Slobin 1995), en comparant des productions textuelles orales (parfois aussi écrites) pour une même tâche, en L2 entre étapes de l’acquisition, entre locuteurs apprenants de groupes homogènes, entre la L2 et la L1, en L2 pour des locuteurs de différentes L1. Il s’agit ainsi de cerner comment la L1 et les L2 acquises précédemment infléchissent les processus d’acquisition, et comment la L1 ou la langue dominante chez l’individu bilingue infléchit les modes de conceptualisation pour la mise en mots.
Les domaines privilégiés de cette action sont :
- La sémantique verbale : développement et structuration du lexique verbal pour la représentation des procès. Ce volet regroupe des recherches sur la représentation des procès en L2 vs L1 ou en La vs Lb à partir de productions langagières calibrées (récits sur images ou support vidéo), en collaboration avec le Réseau Européen ‘Comparative Approach of Second language Acquisition (CASLA) et le Pr. A. Viberg (U. d’Uppsala), et une recherche expérimentale en coopération avec le laboratoire J. Lordat de Toulouse (ACI-JC dir. par Karine Duvignau) sur : Architecture structurale et fonctionnelle du lexique verbal : La flexibilité sémantique comme principe fondamental de la cognition humaine et artificielle, portant sur des populations francophones d’enfants sans et avec troubles du langage, d’adultes sans et avec pathologies, et sur des sujets en français L2 et de diverses L1 (l’équipe de Nanterre effectue l’étude sur des locuteurs enfants et adultes coréanophones en L1 et en L2, et des locuteurs enfants et adultes suédophones en L1 et L2).
- Les énoncés complexes : développement des formes syntaxiques et des fonctions sémantiques, discursives et pragmatiques de la parataxe et de l’hypotaxe en L2 (ou en La et en Lb chez les bilingues).
Une étude portera également sur la temporalité (morphologie temporelle et structure narrative) en L1 suédois / français, 2 L1 suédois-français et L2 français chez des enfants suédophones.

Méthodes
Toutes les études menées dans le cadre de ce projet (thèses en cours) ont recours à la méthode comparative, à partir de productions textuelles analysées selon une optique fonctionnaliste.
Une étude spécifique menée avec G. Chevalier (U. de Moncton, N.-Br., Canada) portera sur le niveau avancé du français L1 minoritaire en environnement anglophone) : étude sur la diversification du lexique verbal chez les jeunes Acadiens entrant à l’université et devant s’approprier une variété de français académique adéquate pour la construction des connaissances scientifiques et techniques et pour la maîtrise communicative exigée par leur devenir professionnel de cadres.
En face des données suscitées, on examine comment les domaines linguistiques en jeu sont traités ou actifs dans des interactions de classe de diverses matières scolaires, et interviennent dans la construction des connaissances disciplinaires parallèlement au travail d’appropriation de la langue thématisé ou non.

2) Acquisition précoce de L2 ou du bilinguisme

Projet sur le bilinguisme au Lycée Français de Stockholm en cours de montage, en collaboration avec Suzanne Schlyter et Jonas Granfeldt à l’université de Lund, Suède. Cette action s’inscrit dans le réseau franco-suédois géré par MoDyCo depuis 2005. Le projet associe, par sa problématique, l’acquisition de L1 et de L2.

Population : 14 enfants âgés de 4 à 7 ans se répartissent sur les trois groupes suivants (à compléter pendant les années à venir)
• Français langue maternelle (1 L1)
• Français et suédois langues maternelles depuis la naissance (2 L1)
• Suédois langue maternelle, acquisition du français à partir de 4 ou 6 ans (enfant L2)

La problématique est celle de la relation entre l’acquisition d’une L1, de 2 L1 et d’une L2 à un âge précoce. Il est généralement admis qu’il existe des différences nettes entre l’acquisition du français L1 et L2 : en L1, elle se déroule typiquement sans erreurs, entraves et retours en arrière, contrairement à ce qui est typiquement le cas en L2 et notamment chez les adultes. Ces différences ont été attestées en particulier pour les phénomènes suivants :
- genre (attribution et accord)
- les pronoms clitiques (forme et position)
- accord sujet-verbe
- temps et aspect.
En revanche, les résultats sont moins concluants en ce qui concerne les enfants bilingues (simultanés et successifs). Deux questions se posent initialement :
Un enfant qui acquiert simultanément deux langues se comporte-t-il, dans sa langue non dominante, comme a. un enfant monolingue avec un certain retard (=2 L1) ou b. comme un adulte L2 (= 1 L1 + 1 L2) sur les points mentionnés ci-dessus ?
Un enfant qui démarre l’acquisition d’une L2 à un âge précoce (le bilinguisme successif) se différencie-t-il d’un enfant issu du bilinguisme simultané sur les points mentionnés?

Les premières observations donnent à penser que les enfants issus d’un bilinguisme simultané ressemblent plus à des enfants monolingues, mais avec un certain retard dans la langue non dominante, alors que les enfants issus du bilinguisme successif manifestent initialement davantage de traits typiquement « L2 ». (cf. Granfeldt, Schlyter, Arapian & Kihlstedt 2007).
On travaillera également sur les phénomènes d’étayage en langue forte ou faible entre adultes et enfants et entre enfants chez ces populations, en liaison avec l’opération Interactions langagières et acquisitions.

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