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Marie Leroy

Member since: Thursday, 01 January 1970
Last Visit: Monday, 14 October 2013
Informations
Details
Prénom
Marie
Nom
Leroy
Organisme d'appartenance
Université Paris 5
Corps
Maître de conférences
Statut Membre
Membre principal
Habilité à diriger des recherches à l'ED 139 ou à l'ED 180
non
Parcours universitaire
Résumé de la thèse
Ce travail de recherche se fonde sur l’hypothèse selon laquelle l’enfant met en place, avant le langage articulé, un système de communication avec son entourage, essentiellement fondé sur l’intonation et la mimo-gestualité, se situant dans la lignée de travaux sur l’intonation chez le jeune enfant, comme ceux de Halliday (1975), Crystal (1976, 1986) ou Konopczynski (1986). Il repose sur l’analyse longitudinale du corpus d’un enfant français entre 0,2 et 1,10, et se donne pour objectif de montrer comment l’enfant communique avant les premiers mots et au moment de leur apparition. Après une présentation des principaux travaux sur l’intonation et le geste chez le jeune enfant, en relation avec les études menées sur le langage adulte, concernant la valeur des indices intonatifs et la fonction du geste (chapitre 1), le chapitre 2 est consacré à la méthodologie que nous avons dû mettre au point pour mener à bien cette recherche, et s’attache notamment à décrire la base de données que nous avons constituée afin d’analyser le corpus, composé d’enregistrements audio et vidéo d’un enfant français, en interaction avec sa mère, sur une durée de 20 mois (à raison de 20 à 30 minutes d’enregistrement tous les quinze jours). Dans les chapitres suivants, trois axes principaux sont abordés, correspondant à trois niveaux d’analyse du corpus, à savoir : une analyse intonative des productions vocales de l’enfant, reposant sur l’hypothèse selon laquelle il est possible d’attribuer une valeur aux variations intonatives au sein du processus de communication, de la même manière que chez l’adulte (cf. Morel et Danon-Boileau, 1998). (chapitre 3) Une analyse des premières verbalisations de l’enfant, s’appuyant sur les caractéristiques intonatives et mimo-gestuelles de ces dernières afin de tenter de déterminer les indices de leur mise en place dans les productions antérieures. (chapitre 4) Une analyse pragmatique, cherchant à déterminer les indices permettant à l’adulte d’interpréter les comportements de l’enfant comme des intentions de communication. (chapitre 5) Nos principales conclusions sont les suivantes : En ce qui concerne la valeur des indices intonatifs (principalement F0, durée et pause), il est apparu que le contraste le plus pertinent se situe au niveau de F0, reflétant le positionnement de l’enfant locuteur par rapport à son interlocuteur, à partir de 1,0 : Le contour ascendant et haut semble se spécialiser dans la recherche d’interaction ou d’attention, alors que le contour descendant caractérise les situations où l’enfant ne fait pas appel à l’autre (activités solitaires ou interaction déjà constituée). On observe deux étapes principales pour la stabilisation de la durée : à 0,5, lorsque l’enfant commence à maîtriser sa phonation, et à 1,0, ce qui doit être mis en relation avec l’apparition de contours mélodiques plus nets, et de la valeur fonctionnelle du contraste entre F0 ascendant et descendant. Quant à la pause, sa durée semble dans un premier temps conditionnée par des facteurs physiologiques. La pause longue permet de modifier le contour mélodique ou le niveau d’intensité au cours d’une même prise de parole, alors que la pause brève (moins de 40 cs) permet la réitération exacte d’une unité (son ou syllabe), notamment au niveau intonatif. A partir de 1,7, la pause brève semble acquérir une fonction de structuration, permettant de considérer une suite de sons comme une unité, tout en paraissant être la conséquence de la complexité de l’énoncé et de la difficulté de faire porter un contour intonatif unique sur une unité dissyllabique. L’analyse longitudinale des premières verbalisations de l’enfant observé a notamment fait apparaître que ce dernier utilise, avant l’apparition des premiers « mots », des configurations geste/son/intonation dans lesquelles le son n’est pas significatif. Les premiers « mots » apparaissent pour désigner des objets de l’environnement, avec un contour mélodique descendant, ou sont étroitement liés à des scénarii moteurs développés autour de situations spécifiques (de jeu notamment), et sont à rapprocher des onomatopées (cf. Danon-Boileau, 2000), comme par exemple [babum], produit lorsqu’un objet tombe dans l’environnement de l’enfant, ou [tap], produit au cours de jeux avec un ballon. A partir de 1,5, pour désigner des objets, de manière spontanée ou en réponse à l’adulte, l’enfant développe des unités binaires, constituées de sons vocaliques ([i,i], [u,u]), présentant les caractéristiques intonatives des premiers « mots » produits en imitation de l’adulte, à savoir un contour mélodique descendant sur les deux sons, et une pause intermédiaire de courte durée. A partir de 1,8, on voit apparaître des formes verbales stabilisées aux niveaux phonologique et intonatif (premiers « mots »), avec un contour intonatif spécifique à chaque verbalisation dans un premier temps, comme par exemple [mamS], systématiquement réalisé avec un contour mélodique ascendant, dans des contextes d’appel à l’attention de l’autre.. L’analyse pragmatique du corpus se fonde essentiellement sur l’interprétation des productions vocales de l’enfant par l’adulte présent dans la situation. Elle permet de relever trois phases principales dans le processus de communication : Dans un premier temps, les différentes productions de l’enfant relèvent principalement de l’expression de l’inconfort ou d’émotions, et ne présentent aucune stabilité phonologique ou intonative permettant d’attribuer à l’enfant une réelle intention de communication. A 0,9 – 0,10, apparaissent les premiers gestes signifiants (par exemple, tendre la main vers un objet convoité). On voit alors se mettre en place un système sémiotique à deux niveaux, essentiellement fondé sur le geste et l’intonation, avec l’apparition du contraste entre F0 ascendant et descendant. Le langage constitue principalement pour l’enfant un moyen d’agir sur l’autre, d’attirer son attention. Progressivement, l’enfant va développer une communication langagière, dans le cadre de conduites de dialogue notamment, avec la mise en place d’un système de réponses primaires aux questions de l’adulte, s’inscrivant dans un échange avec l’autre par le langage. C’est à la même période qu’il commence à produire des énoncés accompagnés de gestes de pointage en direction d’objets, interprétables comme des proto-mots. Par conséquent, avant le langage articulé, la communication est essentiellement fondée sur la mimo-gestualité. L’intonation est un indice supplémentaire, mais non suffisant, de l’intention de communication de l’enfant. En effet, on observe une valeur générale d’appel à l’attention de l’autre du contour mélodique ascendant, mais ne suffisant pas à différencier les intentions de communication de l’enfant. Les indices intonatifs semblent se stabiliser en même temps que la structure verbale, c’est-à-dire au moment de l’apparition des premiers « mots ». Les combinaisons « mot »+ contour intonatif acquièrent alors une valeur fonctionnelle propre, indépendamment du geste et de la situation. On observe donc trois étapes principales dans la mise en place du langage chez l’enfant observé au cours de ses deux premières années : à partir de 0,9, il développe un système de communication dans lequel seul le geste est signifiant. Auparavant, ses comportements sont interprétés par l’adulte comme des intentions de communication, mais rien ne permet de les considérer comme telles, du fait de leur instabilité. A partir de 1,0, le contraste entre F0 ascendant et descendant se met en place et acquiert peu à peu une valeur fonctionnelle (recherche d’attention pour le contour ascendant), à rapprocher des valeurs qu’il présente chez l’adulte (recherche de consensualité, existence d’un champ de coénonciation, cf. Morel et Danon-Boileau, 1998). Vers 1,5, en même temps que les premières imitations de mots de l’adulte, l’enfant développe une sorte de format linguistique du signifiant, caractérisé par un contour intonatif spécifique , à savoir un rythme binaire, avec deux sons vocaliques présentant un contour intonatif descendant, au même niveau, et une pause intermédiaire de courte durée (moins de 40 cs), comme [i,i] par exemple. La similitude de ce type de contour avec ceux des mots produits en imitation de l’adulte, et la situation de production (geste de pointage en direction d’un objet, question de l’adulte portant sur une dénomination d’objet) permettent de considérer ces productions comme des unités de type sémantique, servant à désigner toutes sortes d’objets ou de situations. L’enfant semble donc développer un format général du signifiant avant d’être capable d’attribuer un nom différent à chaque chose. De la même manière, nous avons pu observer que le mouvement de tête de gauche à droite signifiant le refus apparaît dans un premier temps chez l’enfant observé comme le signifiant général de tous types de réponse (polarité positive ou négative), puis de tous types de négation (refus ou constat d’absence). Vers 1,8, L’enfant développe des formes verbales stables aux niveaux phonologique et intonatif, c’est-à-dire des « mots » ou proto-mots, avec un signifiant correspondant à un référent stable, interprétables en dehors des indices situationnels. La plupart de ces « mots » semblent conditionnés par une fonction et apparaissent par conséquent dans des situations restreintes, avec un seul type de contour intonatif. C’est le cas de [mamS], avec contour mélodique ascendant), spécialisé dans une fonction d’appel Cependant, avant l’apparition des énoncés à deux mots, les indices posturo-mimo-gestuels jouent encore un rôle non négligeable dans le système linguistique de l’enfant, permettant de pallier l’absence de mots. Par exemple, pour demander un objet, l’enfant produit un énoncé d’appel ([mamS] avec contour mélodique ascendant), et désigne du doigt l’objet convoité.
Présentation
Français
Activités d'enseignement : - Acquisition et pathologie du langage - Psycholinguistique - Connaissance du système orthographique français  - Histoire de la langue française - Introduction à la linguistique Activités de recherche : - Communication langagière chez le jeune enfant (ANR COLAJE) : multimodalité (geste de pointage), interaction (les rectifications dans les interactions mère-enfant), développement grammatical (acquisition du genre grammatical et des possessifs) - Emergence de la grammaticalité (ANR Emergram)
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